On prend pour acquis qu’on va se réveiller au matin pour préparer le déjeuner des grandes et s’occuper du bambin qui apprend à marcher. Que la liste déroulante de tâches à faire pourra être accomplie avec la même énergie que la veille; qu’est-ce qu’on est naïf…Plus jamais je ne prendrai pour acquis des choses aussi simples.
Je ne sais pas par où commencer. J’ai l’impression d’avoir vécu les derniers mois dans un tourbillon d’examens et de prises de sang. Une danse sinistre d’aiguilles et de radiation version krump qui me laisse avec des bleus au corps et au cœur. Et tellement de questions.
J’ai un trouble neurologique fonctionnel. Une partie de ce que j’en connais pour l’instant est une communication erronée entre le corps et le cerveau. Ce n’est ni une question de volonté ou de stress, mais un réel dysfonctionnement du messager! Ça me fait des crises de douleurs, de la faiblesse aux jambes et de la difficulté à vivre mon quotidien normalement avec les enfants. J’apprends à rouler sur des longues distances (à laisser mon chum me pousser serait plus juste), à accepter l’aide offerte pis honnêtement je ravale ma fierté à grande goulée parce que quand c’est toi la gestionnaire de maison, t’as pas le temps d’être faible. Faut toujours que tu sois forte. Être forte prend maintenant un autre sens.
Pis plus les jours passent plus je réfléchis. Je ne crois pas en grand chose dans la vie, mais y’a une affaire que je sais, avec certitude. Quand tu donnes, ça revient. Pas toujours de la façon que tu t’en attends, ni au moment où tu le voudrais…
Peut-être suis-je rendue au moment où je dois recevoir et accepter l’aide que je cherchais toujours à repousser, me disant capable de tout faire. J’ai ben essayé de ravaler les «uppercuts» que la vie m’envoyait dans la gueule à grand coups de résilience pis d’adaptation; de garder la tête haute pis de foncer pour les enfants; sans rien laisser paraître; toujours avec un cristi de masque trop lourd à porter pour préserver les apparences.
Mais voilà ce que j’en retiens : Si toi tu ne prends pas soin de toi, la vie va s’arranger pour que tu le fasses. Pis tant qu’à choisir entre être malade ou ben laisser ton chum gérer les enfants une couple de jours, fais-le ton choix.
Je te le dis, petite maman, avec toute la douceur qu’il me reste; prend soin de toi.
(Pas des commissions toute seule pis un arrêt à la pharmacie sans enfants)!
Non non, du vrai temps de qualité et de repos.
Pour que demain matin tu puisses te réveiller en forme pour t’occuper du déjeuner des petits pis gérer ta to do list.
Parce que sérieux en ce moment je donnerais tout ce que j’ai en trop pour pouvoir préparer des toasts pis faire des lunchs à ta place sans avoir les jambes qui veulent fendre.
La plume 🪶
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