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Ne devrais-je pas être aux anges ?

6 ans de traitement, 2 jumelles et une hémorragie post-partum… un mélange explosif !

Je les ai tellement attendues et j’ai tout fait ce que mon corps me permettait pour réussir à concevoir mes deux petites merveilles, Dahlia et Liana. J’en ai rêvé jour et nuit pendant 6 ans. Six trop longues années qui ont presque tué mon couple, ont drainé toutes mes énergies, et m’ont tellement demandé… mais me voilà maintenant maman ! Et doublement. Je devrais me sentir aux anges, flotter sur un nuage, voir la vie en rose, comme toutes ces nouvelles mamans que l’on voit sur Facebook et qui ont l’air de trouver la maternité tellement facile et sans tracas. (#maternité #jumeaux #nouvellemaman)

Eh bien moi, je ne me sens pas du tout comme ça. Je suis heureuse d’avoir mes bébés. OUI, elles sont magnifiques, parfaites, en santé, etc., mais la seule chose dont j’ai envie, c’est de me rouler en boule pour pleurer… pleurer parce que j’ai peur, parce que je n’ai plus aucun contrôle sur ma vie, pleurer sans comprendre pourquoi et sans pouvoir m’expliquer pourquoi. C’est comme ça que j’ai vécu les 6 premières semaines de ma nouvelle vie de maman. C’est difficile à admettre, difficile à expliquer et, surtout, à comprendre pour ton entourage.

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En fait, je me relève de 6 années de traitement en fertilité. 6 années de prises de fortes médications; je suis bourrée d’hormones et tellement épuisée de tout ce que j’ai fait subir à mon corps. Après tout ça, on ajoute 9 mois de grossesse, qui se sont quand même bien passés, mais qui tirent quand même toute l’énergie qu’il te reste pour que tu puisses donner le meilleur à tes bébés. Oui, mon corps a la responsabilité de 2 bébés à faire grandir, à aider à se développer, ça en prend du jus ça! Et pour couronner le tout, après mon accouchement, j’ai fait une très grosse hémorragie, aux limites de la transfusion sanguine. Je me suis mise à faire de la fièvre, j’ai vécu un choc nerveux tellement l’accouchement a été violent et on a pris 6 heures pour me stabiliser avant que je puisse être transférée dans ma chambre et prendre mes bébés.

Se relever d’une hémorragie post-partum (HPP) est très difficile, surtout lorsqu’on parle d’une HPP grave. On court aussi plus de risques de faire une dépression post-partum. Tous les éléments sont là pour nuire à ce que je vive bien mes premières semaines de maternité. Toutefois, cette analyse, je ne la fais pas sur le coup… je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe en moi. (#post-partum #accouchement)

Ce dont je me souviens le plus, c’est certainement ma première nuit à la maison. Mon chum a contracté un virus à l’hôpital et a commencé à être vraiment malade, à faire de la fièvre, etc. Il est donc cloîtré dans le sous-sol avec interdiction de toucher aux bébés. Ma mère est avec nous pour la semaine et elle s’occupe de nos bébés pendant les 7 premières nuits. C’est une immense chance de l’avoir avec nous, car moi, je suis tout simplement vidée, à terre, au bord du désastre. Notre premier soir à la maison se passe relativement bien, mais je me souviens avoir commencé à angoisser après le souper. Puis, la nuit arrive, et même si je sais que ma mère s’occupera de mes bébés, je ne me sens pas bien.

Elle m’assure toutefois qu’elle sera en mesure de s’occuper d’elles et qu’elle viendra me chercher si jamais ça ne va pas. Je me couche alors à 20 h, épuisée, bouchons dans les oreilles pour essayer de récupérer au maximum, mais à minuit, je me réveille en panique, en sueurs, tremblant de tous mes membres, avec un mal de cœur… Que se passe-t-il ? Je vis une crise de panique, une crise d’angoisse. Mon Dieu que je me sens mal, trempée de sueur. Pourtant, ma mère est là, sous une lumière tamisée, en train de donner un boire à l’une de mes filles, tranquillement, tout doucement… et moi je panique.

Maintenant, je comprends ce qui s’est passé dans mon corps et je suis en mesure d’accepter que ça puisse arriver. Mais sur le coup, comment me l’expliquer ? Tous les jours de cette première semaine, on travaille en équipe, on s’occupe des bébés et tout va quand même bien : ma mère est présente. Mais quand arrive l’heure du souper, l’angoisse revient à la charge. Comme on se sent mal, à l’envers et fragile dans ce genre de moment ! Les quelques jours suivants sont sensiblement les mêmes, mais arrive le jour où ma mère doit nous quitter. Une panique totale s’empare de moi. Comment allons-nous faire ? Elle a su me soutenir et m’aider à trouver des méthodes, des stratégies pour que ça se passe bien avec les bébés et là, nous allons nous retrouver seuls…

Les 5 semaines suivantes ont été très difficiles. Je ne me comprends plus. J’arrive à m’occuper de mes filles, mais tous les soirs à 18 h, je me sens au plus mal. Durant le jour, je peux passer de longs moments à promener les bébés dans la poussette autour du terrain, en pleurant à chaudes larmes. Je ne veux voir personne, je ne veux pas de visite, car tout ce qui vient briser ou modifier la mini-routine que nous sommes en train de mettre en place est pour moi une source de stress. Le biberon qui n’est pas donné comme je le voulais, la couche mal changée. Tout m’angoisse… Oh mon Dieu que cette période est éprouvante! Et un jour, après 6 semaines de congé parental, mon chum doit retourner au travail.

Imaginez-vous être dans cet état et réaliser que le lendemain, vous serez toute seule pendant 12 h avec vos jujus, car votre conjoint partira au travail. Mais, pour moi, c’est à ce moment-là qu’un déclic s’est produit et que tout a repris sa place. Une bonne amie m’avait dit que j’allais découvrir en moi des ressources que je ne connaissais pas… eh bien, elle avait raison.

Cette journée-là, j’ai repris le contrôle de ma tête et de mon corps et je me suis dit intérieurement que j’étais capable et que j’y arriverais toute seule. Je n’avais besoin de personne et je pouvais m’occuper toute seule de mes 2 bébés.

Je me souviens alors avoir même passé une belle journée, sans trop de problèmes. J’ai trouvé des méthodes pour pouvoir leur donner leur boire en même temps et lorsque mon chum est rentré à 20 h 30, les filles étaient même couchées ! (#mamandejumelles)

Avoir un bébé c’est difficile, mais en avoir deux en même temps, c’est un défi hors du commun. On peut toutefois parvenir à bien gérer tout ça, à mettre en place des stratégies, à se structurer, et y parvenir avec brio. Et je pense que c’est ce que j’ai réussi à faire. Nous avons découvert des trucs, des astuces et façons de faire pour mener nos vies qui nous ont permis de relever ce grand et effrayant défi!

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