J’ai vraiment essayé.
J’ai continué de gérer maison, ménage, jardinage, cuisine et travail en ajoutant, comme ça, mine de rien, un bébé dans l’équation.
J’ai essayé de rester droite, solide, semi-cute, bien habillée, bien coiffée avec l’air pétant de santé, d’être au courant de l’actualité, de ce qui se passe dans le monde, des dernières séries qu’il faut avoir écoutées, de cuisiner végé, d’être zéro déchet et de faire de l’exercice tous les jours.
Suis entrée au travail comme si je faisais des nuits de 8h, j’ai continué mon train de vie comme si, en rentrant à la maison le soir, j’avais tout le loisir de m’écraser sur mon divan avec un petit verre de blanc et me suis arrangée pour ne surtout pas avoir l’air de gérer un 18 mois qui court partout, qui a ses humeurs, qui doit boire-son-lait-manger-prendre-son-bain-s’amuser-et-se-coucher.
J’ai essayé de faire comme s’il n’y avait pas un shift qui venait de s’ajouter dans mes journées. Dans toutes mes journées. Un shift qui ne s’arrête jamais et qui dure jour et nuit.
Ici, comprenez-moi bien.
Je ne me plains pas.
J’ai choisi d’être maman.
Et j’ai attendu mon fils pendant 2 ans et demi avant qu’il me choisisse comme maison.
Il est le plus beau et le plus grand vertige du monde.
Mais l’affaire c’est que quand on se fait croire des choses, ça finit toujours par sortir du chapeau. Pis c’est pas smooth comme une colombe.
Premier hiver à la garderie.
Enchaînements otites-bronchites-rhume-conjonctivite-pneumonie. Tout ça dans le même petit corps de rien du tout.
On se dit: « On le savait, tout le monde nous a prévenus que la première année serait l’enfer. On a rien inventé là. »
Alors on a tout prévu, on a prévenu l’employeur, on s’est préparés à travailler de la maison, à enchaîner nez qui coule, vomi, nuits blanches et journées de travail de 8h, comme s’il n’y avait rien là.
Mais y a une affaire qu’on n’avait pas prévu.
C’est qu’on n’est pas invincible.
Pis que la superwoman, ben, ce ne sera pas nous.
Ça commence par un nez qui coule aussi, une toux qui s’installe, qui reste, mais on se dit: « Y’a rien là, suis déjà passée par là, pas besoin d’arrêter quoi que ce soit ». Alors on continue. ON se dit qu’on est chanceuse, parce qu’on a un chum avec qui partager les tâches, qu’on n’est pas dans la rue, etc. On se dit qu’on n’a aucune raison de considérer cette fatigue-là, qui commence à s’installer, qui nous fait tourner la tête en milieu de journée, qui nous donne mal partout. On se dit qu’on n’a aucune raison de s’inquiéter de cette toux-là qui ne part pas, qui creuse nos poumons de plus en plus, qui commence à faire mal. On se dit qu’on est deux là-dedans, qu’on est un couple et une équipe, qu’on est fatigués tous les deux et qu’il n’y a aucune raison que l’un mérite plus de repos que l’autre.
Alors.
On continue.
Pis un matin, ben on tombe.
Parce que la superwoman, on a essayé, mais ce ne sera pas nous.
On se retrouve devant un médecin flabbergasté de nous voir arriver debout.
On se retrouve devant un médecin qui nous explique la gravité de la pneumonie qui attaque nos deux poumons, la déchirure des muscles à cause de la toux, les côtes fêlées. On se frappe au gros point d’interrogation dans ses yeux : comment on a fait pour en arriver là?
Pis là ben, on y est. Arrêt de travail. 5 semaines.
Quand, en sortant, le médecin nous dit: « Mademoiselle, vous avez toutes les raisons du monde d’être sur le cul » on craque. Pour la première fois, on accepte qu’on a échoué. Qu’on est tombée. Pis qu’on ne se relèvera pas avec des vitamines C.
C’est bien, l’arrêt de travail. C’est nécessaire.
Mais sachons-le. Ça ne couvre qu’un des shift.
Parce que le petit bonhomme d’amour qui nous a ramené tous ces microbes là, lui, on ne le met pas sur hold. Il se lève encore à 5 h du matin. Il a encore des mauvaises journées, il a toujours besoin de nous, arrêt de travail ou non. Lui, quand il vomit à 2 h du matin, il s’en fout de ta pneumonie sévère. Il veut sa maman. Et nous, on veut l’être aussi. Et le mieux du monde.
Alors on finit par comprendre qu’on avait tout faux.
Et qu’on n’a pas échoué.
Parce que, quand on échoue, c’est qu’il y avait quelque chose à gagner.
Alors que là, on avait tout à perdre.
Mesdames, détruisons à coups de hache cette obsession de tout pouvoir faire comme avant.
Affranchissons-nous de cette obsession de la maman qui gère TOUT.
De cette manie d’avoir l’impression qu’on a quelque chose à prouver.
De cette maudite superwoman.
Parce que moi, j’suis pas ça.
J’suis une Woman tout court.
Pis croyez-moi, c’est pas rien. Pis le jour où on le comprend, on réalise à quel point c’est grand.
Les filles, la superwoman, elle n’existe pas.
Mais la Woman tout court, elle rock en ta.
Sophie Vaillancourt-Léonard
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