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Le bébé qui avait des ailes

Mon amie est ce genre de femme qu’on aime de tout notre cœur, mais qu’on déteste (pas vraiment) un peu parfois. Ce genre de femme heureuse, positive qui trouve toujours le bon côté des choses et qui rit de ses malheurs. Ce genre de femme qui aime la grossesse, qui aime tous les enfants. Ce genre de femme qui te fait aimer la vie quand tu la regardes à travers ses yeux. Mon amie, c’est aussi une maman, la meilleure qui soit, selon moi. La vie a pris un tout autre sens lorsqu’elle a mis au monde sa mini merveille, sa fille, Maxime. L’amour l’a tellement envahie qu’elle n’a pas hésité une seule seconde à se relancer dans l’aventure de la maternité. Quand je vous dis qu’elle est le genre de femme qu’on veut être : même malade à tous les coins de rue en voiture, même malade dans un stationnement d’épicerie, elle est heureuse et elle resplendit quand elle est enceinte.

 

Lorsqu’il est venu à nos oreilles qu’un nouvel être allait entrer dans nos vies, notre cœur s’est tout de suite agrandi. Même si, physiquement, on ne comprend pas comment on peut sans cesse ajouter des personnes dans ce petit organe capable de tant de choses. Elle a même choisi notre plus fidèle ami afin qu’il soit parrain de son bébé, quel honneur! Elle ne pouvait pas mieux choisir! Au fil de nos soirées entre amis, la belle bedaine de notre amie prenait de la place. Petit homme a mangé de la fondue, des bonbons et tellement de desserts (jamais trop sucrés!). Vint le jour où mon amie prépara instinctivement son petit nid, où elle lava les petits vêtements et peintura la pièce qu’elle réservait pour le petit dernier. Tout en l’imaginant emmitouflé dans ses mousselines, elle préparait tout dans les moindres détails, comme elle sait si bien le faire. Vint aussi le jour où elle se rendit à l’hôpital, un peu plus vite que prévu, pour aller rencontrer un des amours de sa vie. Je me souviens des messages textes que je lui envoyais, excitée et fébrile à l’idée de serrer cet enfant dans mes bras. Quand on a une amitié aussi fusionnelle que celle que j’ai avec cette amie, on aime ses enfants autant que les nôtres. Je me souviens aussi du temps d’attente, de son silence.

 

Ce jour-là, en continuant mon petit quotidien, je ne me doutais pas qu’une blessure viendrait subitement abîmer notre petit cocon. De l’extérieur, toutes nos idées s’entremêlent, tous les scénarios se mettent à jouer en boucle, sans jamais ralentir. Mon souvenir le plus vif reste encore l’appel que j’ai reçu en fin de soirée, m’annonçant que mon amie avait mis au monde son beau Logan, mais qu’il avait une caractéristique bien à lui. Logan était un bébé ailé. Ce petit être fragile, qui avait une autre mission que de toucher la terre, avait emprunté une route différente de celle qu’on attendait. Je me souviens de la nausée qui m’a emportée, du vide au creux de mon ventre qui me faisait tourner la tête. Je me suis assise en boule, dans le noir de mon salon pour pleurer. Pleurer de tristesse, pleurer de détresse, pleurer d’incompréhension, mais surtout pleurer pour mon amie, mes amis. Toute notre vie, nous avons été des amis soudés, nous avons traversé des marées agitées et des silences radio, mais jamais nous n’avons été plus près qu’à ce moment précis. Pour une amie comme moi, une situation aussi tragique que celle-ci m’en a fait voir de toutes les couleurs. D’une part, je me sentais terriblement impuissante. D’autre part, la culpabilité m’envahissait de ne trouver aucune solution pour apaiser la douleur de mon amie. La difficulté dans une amitié comme celle que j’ai avec mon cocon, c’est d’accepter que parfois notre appui puisse être silencieux. Mon meilleur allié durant cette période a été le temps : laisser du temps à mon amie. J’ai aussi compris à travers cette tempête que le plus grand support possible à apporter dans des périodes semblables, c’est d’être là. Il m’a fallu plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant de desserrer les poings, de cesser d’être en colère contre la vie. Vint le matin où je me suis résignée à simplement lui écrire « Je t’aime, je suis là », pour ensuite perpétuer cette petite attention pendant plusieurs semaines.

 

Vous dire à quel point mon amie est surhumaine, ce ne serait pas assez fort. Vous dire qu’elle est même parvenue à faire grandir chacun de nous à travers sa peine, ce serait vous parler encore plus de sa grandeur d’âme, ce pour quoi je l’aime autant. Avoir une amie aussi posée, aussi vraie et aussi courageuse, c’est avoir toute la chance du monde. Si vous avez un proche qui vit une situation, aussi difficile soit-elle, j’aimerais que ce billet vous aide à comprendre que vous avez un rôle primordial à jouer, il se peut que vous preniez du temps à bien cibler votre mission, que vous ne trouviez pas les mots ou le courage d’affronter cela tête baissée. Je vous rassure, moi non plus je n’ai pas su quoi faire au début, moi qui ai toujours les mots pour tout, qui écris comme je respire, je n’avais AUCUN MOT! Le syndrome de la page blanche envahissait chaque recoin de mon cerveau, jusqu’à ce que le bon moment arrive.

 

Depuis toujours, le deuil est un sujet tabou. Peut-être est-ce parce que nous sommes trop facilement atteints par la peine? Peut-être est-ce par peur de blesser, ou d’être maladroits?

 

Quoi qu’il en soit, je vous le dis; l’important, c’est d’être là.

 

*Sachez que par soutien au deuil périnatal, cette amie tricote de ses mains des articles de laine en regroupement avec d’autres mamans ayant vécu la perte d’un enfant. Pour les encourager ou simplement pour faire un don, je vous invite à visiter la page Facebook de LEG’s. Une partie des profits amassés grâce à leurs créations sera versée à l’organisme des Perséides, qui les a soutenues tout au long de leur deuil.*

 

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