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Je t’ai vu, mais pas toi…

J’ai vu tes yeux : tes 10 doigts et tes 10 orteils. Mais je les ai vus 29 semaines trop tôt…

Deux semaines auparavant, une seconde fatidique a commis l’irréparable. La seconde d’avant, la vie résonnait silencieusement dans mon ventre. Celle d’après, ton petit cœur qui scintillait si magnifiquement lors des échographies a cessé de battre. En un instant, sans crier gare, tu t’es envolé.

Lorsque les doutes se sont installés, puis confirmés, j’étais loin de me douter que tu allais venir à ma rencontre.

Ce soir-là, l’incroyable s’est produit. Ton corps si petit, mais si défini à la fois, s’est présenté, là, sous mes yeux.

Silence.

Longuement, je t’ai observé. Ébahie par la beauté de la nature et déchirée par la tournure des évènements. J’aurais tant voulu revenir en arrière, au moment où mon corps réchauffait encore le tien. Mais j’étais impuissante.

Maintenant, qu’est-ce que je devais faire? Qu’est-ce que je pouvais faire?

Je t’ai parlé. Dans ma tête, puis en chuchotant. Je t’ai parlé de nous, ta famille. Du grand frère et du papa extraordinaires que tu aurais eus. De comment j’avais imaginé notre vie ensemble. De la douleur de devoir te dire au revoir, toi, mon deuxième bébé.

J’ai eu mal.

J’ai pleuré.

Mais pas assez.

Chaque fois, ma tête rendait mes larmes coupables. Comme si elle n’arrivait pas à ressentir simultanément deux émotions intenses, mais tellement contraires : le chagrin de ma perte et l’amour et la reconnaissance infinie envers mon petit garçon extraordinaire plein de vie.

J’ai toutefois compris qu’à trop vouloir se consoler rapidement, on s’empêche aussi de vivre des émotions nécessaires pour tourner la page.

J’ai été forte, mais une fois la poussière retombée, un petit serrement m’est resté.

J’ai mal de ne pas savoir où tu es alors que je sais où tu devrais être. De savoir que tu ne vivras pas tous les beaux moments que j’avais pris plaisir à imaginer.

Au moment d’écrire ces lignes, mon ventre serait rebondi. Je ne boirais pas de vin au souper, ma liste de prénoms ne serait pas rangée et la date que j’avais encerclée à l’agenda ne serait pas un rappel que je n’aurai jamais la chance de te bercer, de t’entendre rire et de te dire « je t’aime ».

J’espère qu’à cette seconde fatidique, je caressais mon ventre. Qu’avant de partir, tu as senti tout l’amour que je te portais.

Mais j’ai confiance en la vie et je n’oublierai jamais le petit bout de chemin qu’on a fait ensemble. Je pense à toi et j’espère que tu es bien où tu es.

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