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Vous vivez une parentalité difficile et exigeante? Comment s’en sortir?

Si votre parentalité vous semble difficile et exigeante, il y a lieu de questionner votre style d’intervention.

Le style d’intervention est-il trop mou et trop laxiste?

Si votre ton est doucereux, mielleux, sans insistance, sans percussion aucune, monotone et peu élevé, il est possible que votre intervention ne soit pas prise au sérieux par l’enfant. À ce moment, l’enfant fera « à sa tête », comme on dit en langage populaire. Il n’écoutera pas les consignes. Si le regard est hagard et que l’attitude exprime une grande douceur, une grande permissivité, une grande tolérance à l’inconfort, l’intervention coulera en douce sans porter fruit. L’enfant teste les limites de son parent mais il n’y a pas de réponse claire. Les limites ne sont pas marquées clairement. On peut donc les dépasser sans qu’il y ait de conséquence. Le parent se laisse « monter sur le dos », littéralement bien souvent et de manière plus globale aussi. La parole du parent a tendance à être répétitive. Elle s’apparente à une « parole en l’air ». La consigne est reprise sur un ton doucereux plusieurs fois. L’enfant ne l’enregistre pas. Le mode d’intervention dans son ensemble est passif. Quand un problème se pose, l’adulte se déplace rapidement vers l’enfant pour le cajoler, le consoler, lui parler, lui donner de l’affection, bref, lui donner beaucoup d’attention. Les comportements négatifs de l’enfant se répètent et se multiplient. Ça devient difficile pour le parent.

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L’enfant a-t-il trop de pouvoir dans la relation?

Quand les besoins et désirs de l’adulte sont sacrifiés au profit de ceux de l’enfant, ce dernier a trop de pouvoir dans la relation. Il y a un déséquilibre! Quand l’adulte se place au service de l’enfant uniquement et qu’il passe par-dessus ses propres ressentis, l’enfant a trop de pouvoir. On peut l’appeler « un enfant-roi » car il règne comme un roi et maître dans sa relation avec son parent.

Le style d’intervention est-il trop dur et trop autoritaire?

Si votre ton est généralement élevé, dru, saccadé, insistant, percutant, direct, menaçant, il est possible que votre intervention devienne trop dure. Si de plus, en situation de conflit, votre regard est courroucé et insistant et que vous adoptez une posture fermée, imposante, vous démontrez un style d’intervention plus autoritaire. L’intervention peut être explosive et heurter l’enfant. Les limites sont marquées « au fer rouge ». Ça devient difficile pour le parent. Même le toucher peut être brusque, voire même hostile.

L’enfant a-t ’il peu de pouvoir dans la relation?

Oui, dans la relation autoritaire dure, l’enfant n’a pas son mot à dire. Il doit obéir et se soumettre aux consignes énoncées. Il doit se plier aux exigences de la personne qui a « le gros bout du bâton ». L’enfant est mis « au pied du mur ». La parole n’est pas partagée. Elle est à sens unique. On n’attend pas de l’enfant une réponse autre que « oui! ».

Des solutions

Plusieurs solutions s’offrent au parent qui choisit de réorienter son intervention pour éviter les excès trop mous ou trop durs.

Équilibrer le pouvoir de chacun. Opter pour l’intervention démocratique et le juste milieu

Adopter un ton mobilisé, clair, fort, percutant, engagé, ferme, dynamique, direct. L’intervention est teintée de sérieux et de fermeté solide. L’enfant a une place mais il sait qu’il doit écouter. Il aura son mot à dire en temps et lieu. La parole est efficace. En peu de mots, la limite est rappelée en expliquant le pourquoi. Le parent cherche à susciter la réflexion chez son enfant pour que la compréhension se développe. Il devient possible de réparer ses erreurs. Des choix sont énoncés. Des solutions sont recherchées pour résoudre le problème qui se pose. Chaque partenaire prend sa place dans la relation. L’ambiance devient plus confortable et détendue.

S’écouter vraiment : accueillir en soi ce qui se passe et le respecter

Pour s’orienter vers l’intervention démocratique du juste milieu, il est important de ne pas s’oublier. Au contraire, il convient de développer une écoute de soi en respectant les ressentis que l’on éprouve. Ce qui signifie que lorsqu’un comportement de l’enfant suscite de l’irritation en soi, on ne pile pas dessus ce ressenti en cajolant l’enfant. On s’arrête et prend une distance émotionnelle pour contenir son émotion. On enregistre que la situation nous irrite et on cherche à la faire cesser. On cesse de donner plein d’attention aux comportements qui nous dérangent.

Considérer la frustration comme étant formatrice

Reconnaître d’emblée que la frustration fait partie de la vie et qu’il est sage de l’apprivoiser en bas âge pour ne pas être démuni devant elle. Le parent se libère ainsi de la peur de brimer l’enfant et perçoit le bien-fondé des limites à communiquer à l’enfant.

Établir ses limites avec fermeté

Quand l’intervention est trop molle, les limites ne sont pas communiquées clairement. Quand l’intervention est trop dure, les limites sont omniprésentes. Le juste milieu se situe entre ces deux extrêmes. Il nous oriente vers la communication de limites claires et fermes. Quand un « non » est énoncé par le parent, il est expliqué et il est maintenu. Il n’y a pas d’entourloupettes autour de ces limites ni d’attention excessive donnée aux comportements négatifs de l’enfant.

 

Se donner le temps de revoir son style d’intervention

Être parent représente un défi important! Il faut se donner le temps de revoir son style d’intervention et se donner le temps de cheminer vers le juste milieu. En parler avec d’autres parents peut aider. En parler à des professionnels en cas de besoin aussi.

En conclusion…

En conclusion, disons qu’il est très avantageux de cheminer comme parent pour développer l’intervention démocratique. À ce moment, le respect mutuel est présent et chaque partenaire de la relation a sa juste place. L’enfant prend au sérieux les interventions de son parent et ses besoins et désirs sont considérés comme ceux de son parent. Un équilibre se développe qui favorise une relation harmonieuse parent-enfant.

Par Jocelyne Petit, Docteure en Sciences de l’Éducation

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