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Parent trop doux, enfant difficile?

Comment un parent trop doux peut-il intervenir de manière à encourager, sans le vouloir, des comportements indésirables chez son enfant? Tout bonnement, en lui communiquant une limite confuse!

Une limite confuse

Quand l’enfant adopte un comportement négatif (pleurnicheries, crises, gestes violents, etc.), si le parent intervient avec un ton doucereux, une parole répétitive et continue, une attitude corporelle molle, l’enfant reçoit une attention qui ne communique pas la limite clairement. En effet, il ne comprend pas que son comportement n’est pas agréable, n’est pas acceptable, qu’il n’en retirera pas de plaisir et qu’il doit se repositionner. Si, en plus, le parent, désirant manifester de la douceur, cajole l’enfant en lui donnant des bisous, des câlins, des caresses, des sourires, la limite est encore plus difficile à comprendre pour l’enfant. Pourquoi cesser le comportement négatif puisqu’il engendre toute cette attention? Ainsi, l’enfant peut devenir difficile en répétant les comportements négatifs qui lui apportent toute cette attention. Il ne sait plus sur quel pied danser car il apprécie qu’on s’occupe de lui ainsi et qu’on le cajole. Il peut vivre de l’insécurité et être porté à tester à nouveau les limites de son parent.

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Une limite claire

Pour établir une limite claire, le parent a besoin de s’appuyer sur une énergie plus ferme, plus solide, plus consistante, plus vigoureuse, plus déterminée, plus directe, plus mobilisée et plus percutante que la douceur. Tout en gardant son sang-froid et son calme, l’adulte doit avoir en tête un message clair : « Ce n’est pas agréable! », « Ce comportement doit cesser! ». La parole est brève et efficace. En peu de mots, elle énonce la limite :  « Non! ». Elle explique brièvement le pourquoi. Et, elle s’arrête là! Très important, elle ne s’éternise pas, sachant que cela met de l’huile sur le feu et nourrit la flamme quand on donne de l’énergie à un comportement négatif. Le ton est ferme et mobilisé. L’attitude corporelle est engagée. Le toucher est contrôlé et respectueux. L’émotion est maîtrisée et contenue. Quand le message de la limite est bien entendu, la parole énoncée encouragera la réparation du mal causé, s’il y a lieu.

La limite claire sert à encadrer l’enfant

La limite claire délimite le territoire dans lequel l’enfant peut circuler sans problème, en expérimentant le plus souvent une énergie positive et du plaisir. La limite claire détermine un contour. L’enfant a besoin de sentir ce cadre pour se repositionner. Il teste souvent l’adulte pour sentir les limites de ce cadre, pour savoir jusqu’où il peut aller. La limite claire sécurise l’enfant.

 

La limite claire permet de développer la maîtrise de soi

Une limite claire permet de filtrer et de contrôler ses pensées et ses impulsions. C’est-à-dire que la limite claire permet de se remémorer les règles de bonne conduite et de contrôler des gestes inappropriés en les inhibant volontairement, en se rappelant la limite. Inhiber l’agressivité, par exemple. Éviter de poser des gestes indésirables. Résister aux tentations. Réfléchir avant d’agir. Se comporter de manière acceptable socialement. Tolérer davantage les frustrations et attendre son tour. Autant d’habiletés sociales qui développent la maîtrise de soi en préservant un équilibre dans ses émotions.

La limite claire permet de développer le sens des limites et d’apprendre à les respecter

En comprenant les limites du cadre, l’enfant s’humanise en quelque sorte. C’est-à-dire qu’il devient plus mature en développant du même coup la maîtrise de soi qui lui permet d’inhiber certains comportements indésirables. Il apprend à respecter les limites. Il apprend aussi à établir ses propres limites, en écoutant son ressenti et en choisissant de dire « oui » ou « non ». Étant confronté à des limites claires, il fait face à des frustrations, des refus et il doit apprendre à se repositionner en intégrant ces limites. Il comprend peu à peu le pourquoi des règles et apprend à garder le contrôle sur ses émotions. Il se contient mieux et évite de ce fait des abus. Tous ces apprentissages favorisent des relations sociales harmonieuses.

La limite claire permet de développer des relations sociales harmonieuses

Lorsque les parents réalisent qu’ils sont trop doux et trop permissifs, ils peuvent questionner leurs attitudes, discuter ensemble pour développer une cohésion et intervenir en établissant plus clairement des limites, en assumant leur rôle d’encadrement auprès de l’enfant. À ce moment-là, les relations sociales que tisse l’enfant sont plus harmonieuses.

Comment éviter d’être trop doux ou trop permissif?

Premièrement, en s’écoutant quand on sent que c’est désagréable et que l’enfant s’engage sur une pente glissante, intervenir rapidement. Ne pas laisser aller. Ne pas laisser faire. Communiquer à l’enfant qu’il vient de franchir une limite et qu’il dépasse le cadre qui assure un certain confort à tout le monde. Cette écoute est très importante. Car si on passe par-dessus le ressenti, on se trouve à l’annuler et on agit au-delà de nos limites. Ces conditions font en sorte que la limite devient confuse.

Deuxièmement, assumer sa colère et ses émotions négatives. Oser ressentir et canaliser l’énergie pour intervenir de manière appropriée. Quand on se coupe de ses émotions négatives, l’intervention peut devenir molle et ne pas être efficace et percutante. Elle perd de son aplomb.

Troisièmement, assumer sa responsabilité face à la discipline. Reconnaître que l’enfant a besoin d’un cadre et qu’il ne peut l’établir par lui-même. Il a besoin de l’adulte pour comprendre les limites à ne pas dépasser pour assurer sa sécurité et son bien-être.

En conclusion

Si vous pensez être un parent trop doux, il y a une solution de rechange : devenez un parent encourageant! L’éducation de l’enfant implique plusieurs interventions. Quand l’enfant fait un bon coup ou qu’il se repositionne rapidement lors d’un conflit quelconque, il devient important d’encourager ces comportements positifs (Voir l’article paru dans Vie de Parents « L’encouragement, un ingrédient essentiel! »).

Par Jocelyne Petit, Docteure en Sciences de l’Éducation

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