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Nos bons coups comme parents d’enfants devenus adolescents (Partie 1 de 4)

J’écris cet article « Nos bons coups comme parents d’enfants devenus adolescents » parce que je prends conscience de tout le bonheur que nous avons eu à éduquer nos enfants et à constater aujourd’hui comment ils sont devenus des citoyens engagés dans leur vie, responsables, autonomes et créatifs, chacun dans leur domaine respectif. J’aimerais inviter des parents qui considèrent aussi leurs bons coups à les communiquer pour s’entraider entre parents et s’encourager dans une époque où ce n’est pas toujours facile d’éduquer des enfants. En effet, plusieurs modes et tendances sociales sont déstabilisantes quand les enfants y adhèrent. Certains parents sont désemparés! Il n’y a pas de formation pour devenir parent et pourtant, la tâche est lourde et les impacts de nos interventions quotidiennes se fait sentir des années durant. Ne serait-ce que la tendance que l’on a nommée « Tanguy », qui entretient une dépendance du jeune envers ses parents et ce, même lorsqu’il est devenu adulte. On en a fait un film ironique pour illustrer cette tendance. Une autre tendance reliée, elle aussi, à la dépendance est celle où le jeune ne fait pas sa part à la maison et s’attend à être pris en charge complètement par les parents pour les repas, le lavage de ses vêtements, l’entretien de son milieu de vie, etc. Bref, la tendance à se déresponsabiliser.

Je voudrais ici témoigner de la contribution de nos enfants à la vie familiale et les remercier pour leur attitude positive qu’ils ont démontrée face aux défis différents qu’on leur proposait, selon leur âge. Les défis ont été gradués pour se terminer par la prise en charge complète de leur vie personnelle et professionnelle, tous les trois, dans la même année. Le moment était venu pour eux de voler de leurs propres ailes!

Je vous souhaite une bonne lecture et vous invite à communiquer vous aussi vos bons coups!

LA DÉCISION D’AVOIR DES ENFANTS

Nous considérons la décision d’avoir des enfants comme notre premier bon coup. En effet, toutes les expériences riches que ce choix a entraînées et qu’il entraîne encore avec la naissance de petits-enfants, sont précieuses.

Il est certain que, depuis le début de notre relation de couple, il était question du projet d’avoir des enfants. Nous avons réalisé ce rêve et constatons aujourd’hui combien notre vie a été et est riche au contact de ces personnes. Notre bien-être et notre bonheur actuels sont reliés à plusieurs égards à ces êtres que nous avons suivis depuis leur conception.

LA SALLE DE JEUX AU REZ-DE-CHAUSSÉE

Un des meilleurs coups que nous ayons faits comme parents est la décision de transformer le salon en salle de jeux pour nos enfants. Ainsi, nous avons réaménagé l’environnement en faisant de la salle à manger, adjacente au salon, notre salon et en utilisant le coin dînette pour nos repas en famille.

Nos enfants nous parlent encore de ce lieu à eux, rempli de jouets de toutes sortes, qui leur permettaient de choisir leurs activités les unes à la suite des autres, puisque le matériel était à leur portée. Pâte à modeler, peinture, poupées, camions, peluches, garage, maison, lego, papiers et crayons, livres, vêtements de déguisement, cassettes de musique, etc. tout y était, avec en plus un vieux matelas déposé directement au sol sur lequel ils s’exerçaient à faire des pirouettes, des roulades et des sauts, avec des règles de sécurité, bien sûr….

Dès que des enfants s’amenaient chez nous, leur choix était évident : la salle de jeux! L’avantage de cet emplacement pour nous était la possibilité de toujours pouvoir surveiller ce qui s’y passait et, pour les enfants, de toujours sentir notre présence. Nous étions donc en relation continue, tout en vaquant chacun à nos occupations respectives. La sécurité était ainsi assurée. Les enfants ne se sentaient pas exclus des activités de la maison, isolés dans leur chambre ou au sous-sol. Ils étaient avec nous, tout en disposant d’un univers de jeu qui les tenait grandement occupés. Naturellement, ils passaient d’une activité à l’autre, sans jamais se lasser.

Nous avons eu cette salle de jeux pendant trois ans, alors que nos enfants étaient petits et qu’ils n’étaient pas encore autonomes. Nous conservons de beaux souvenirs de ces moments passés dans cet environnement, tellement la liberté était grande pour les uns comme pour les autres. Les enfants nous savaient tout près et nous pouvions établir un contact verbal, d’une pièce à l’autre, tout en faisant chacun ce que bon nous semblait.

Mon conjoint a  décidé un jour de construire une étagère sur tout un mur, allant du plancher au plafond pour permettre un meilleur rangement des jouets. Ce fut là une bonne idée car chaque casier contenait un matériel de jeu distinct des autres; ce qui facilitait les choix et le rangement futur du jouet choisi. De plus, assez rapidement, les enfants ont commencé à grimper sur la structure solide, ajoutant ainsi d’autres possibilités de jeux à celles qu’ils avaient déjà. Nous avions aménagé un rideau en bambou pour séparer la salle de jeux du salon et ainsi soustraire au regard le désordre parfois apparent régnant dans ce lieu grouillant de vie.

Les enfants s’amusaient donc en paix et ne demandaient pas d’attention supplémentaire spéciale. Ils savaient que nous pouvions observer leurs découvertes, leurs réalisations, etc. Ils n’étaient pas à nous appeler pour nous dire « Viens ici! », « Viens voir! », « Joue avec moi! » « Regarde ce que je fais! », « Reste avec moi! », etc. Nous avons senti de la liberté comme parents et ne nous sentions pas accaparés par ces trois enfants d’âge préscolaire qui jouaient à nos côtés.

Quand on fait le bilan de nos années vécues comme parents, le bonheur senti à ce moment, dans cet environnement, nous revient à coup sûr à la mémoire.

LES « DEUX MINUTES DE TRANQUILLITÉ »

Les « Deux minutes de tranquillité » est un autre bon souvenir comme parents de jeunes enfants. Cette mesure constitue en quelque sorte un temps d’arrêt de deux minutes, assis là où le parent le dit, pour prendre le temps de se calmer, de faire le point et de se recentrer. Cette mesure est applicable en toute circonstance, à la maison, en visite, au supermarché, au restaurant, dans un parc d’amusement, bref, partout. Nous l’avons utilisée dans tous ces lieux, lorsque la tension montait pour un enfant ou pour des enfants entre eux, lorsque des signes de désorganisation devenaient observables (tiraillements, cris, poussées, bousculades, gémissements, pleurnicheries, bouderies, obstinations, insistances, argumentations, agitations, etc.).

Pour décrire globalement la mesure, disons simplement que, lorsque la soupe devient chaude et que l’on commence soi-même à monter dans les rideaux ou à sentir la moutarde nous monter au nez, ou lorsque l’on observe de telles attitudes chez l’enfant, un temps d’arrêt est instauré. On s’assoit en silence. On pense à son affaire pour se réorienter vers une attitude positive. Il n’est pas requis de parlementer lorsque cette mesure est connue et acceptée des enfants. Elle n’implique ni la menace de perdre quoique ce soit, ni la réprimande, encore moins la punition. L’enfant sait, après l’avoir expérimentée, que le retour au plaisir est le but et qu’il se fera rapidement. Il sait aussi que tout est mis en œuvre par l’adulte pour que le plaisir soit restauré.

Toutefois, l’enfant sait qu’il y a des limites à respecter et que, avec les « Deux minutes de tranquillité », on évite, en fait, les débordements, les excitations trop intenses, les escalades de l’agressivité, etc. Aucune parole n’est prononcée ni par l’adulte ni par l’enfant durant ces deux minutes. L’enfant sait intuitivement que l’adulte a perçu un excès quelconque, donc, il fait le point, se concentre, respire et pense à ce qu’il veut faire ensuite….

Rarement, y-a-t-il lieu de revenir sur l’évènement car la mesure n’est pas agressante et n’implique pas de charge émotionnelle, il s’agit d’une mesure de prévention. Pour des cas où la charge émotive est mobilisée de manière plus intense, un bref retour verbal peut être nécessaire pour s’assurer de la compréhension de l’enfant des limites qui ont été dépassées et des actions nécessaires pour éviter une reprise du conflit, en s’orientant vers des solutions positives.

Voici un exemple vécu dont je me rappelle. Je me souviens aussi d’avoir douté avant d’utiliser cette mesure, étant donné les circonstances.

C’était la fête de ma fille la plus jeune. Elle avait 4 ans ce jour-là. Nous étions au restaurant pour célébrer son anniversaire avec ses grands-parents. Notre petite fille était très contente! Elle portait ce jour-là sa robe de « fleurine », comme elle l’appelait. Elle avait porté cette robe lors d’un mariage où elle était la bouquetière. Nous sommes installés à une grande table. En cet endroit, ils ont prévu un traitement spécial pour les enfants le jour de leur anniversaire. Notre fille est donc installée au bout de la table. Une photo est prise d’elle. Elle est très contente, l’excitation monte. Elle attrape les sachets de sucre sur la table, parle fort, bouge sur sa chaise, s’étire pour prendre d’autres sachets de sucre et, finalement, déchire quelques sachets et renverse le contenu sur la table, tout en criant sa joie!

De mon côté, je suis mal à l’aise. Je vois bien le débordement de joie. Mais c’est sa fête! Comme l’excitation est à son comble et que le moment devient désagréable, je lance tout-de-go : « Deux minutes de tranquillité! »

Quelle n’est pas ma surprise de voir ma petite fille se recueillir, baisser le regard, reprendre son souffle, se recentrer, là, au bout de la table, avec sa belle robe de fleurine… Je l’adore! Elle a compris, elle sait que ce n’est pas une punition. C’est un arrêt temporaire pour se retrouver et ensuite, revenir au plaisir. C’est ce qui est arrivé, précisément. Je n’avais jamais utilisé cette mesure dans des circonstances semblables et, de plus, en présence de témoins si proches, comme les grands-parents qui ont vu la désorganisation apparaître, m’ont vu baisser la tête pour parler à ma fille, ont observé le repli sur soi de la petite et le retour à la fête après deux minutes, sans hostilité ni agressivité. Les grands-parents ont demandé : « Mais qu’est-ce que tu lui as dit? ». J’ai répondu : « Deux minutes de tranquillité! » Ils avaient l’air interloqué!

Cette mesure nous a bien servis comme parents!

Voilà! Comme parents, nous voulions partager nos bons coups avec vous et vous inviter à partager les vôtres pour que l’on puisse s’entraider dans une époque où des messages et des modes qui découragent la prise de responsabilités et l’autonomie de nos jeunes circulent.

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