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Maman à bout de souffle

«À bout de souffle! Je suis à bout de souffle!»

Cette affirmation, dite avec beaucoup d’émotions, est souvent exprimée par mes clientes et mes amies! À travers, les responsabilités familiales, les semaines de 40 heures, le temps supplémentaire,  le couple,  les amis, les parents,  le trafic…ces femmes ne savent plus où donner de la tête! Elles se mettent une pression sur les épaules de n’être rien de moins que la parfaite maman, la parfaite épouse, la parfaite employée et la parfaite ménagère avec une maison digne de Pinterest!

Cette pression que les femmes ressentent, ajoutée à la charge mentale, peut en épuiser plus d’une. La charge mentale, concept défini par la chercheuse Nicole Brais de l’Université Laval de Québec est déterminé par «ce travail de gestion, d’organisation et de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectifs la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence».  Ainsi, en 2017, le défi de la conciliation travail-famille-vie personnelle est plus grand que jamais avec une génération de femme  qui travaillent à l’extérieur et qui veulent se réaliser pleinement en tant que mère, conjointe, amie, fille, ménagère et professionnelle.

Or, peut venir un moment où, partagées  entre toutes leurs responsabilités, elles craquent. Elles éclatent en larmes dans mon bureau et me disent «Je suis à bout de souffle. Je n’y arriverai pas!».

Lorsqu’elles s’exclament ainsi, la plupart d’entre elles ont déjà dépassé leurs limites et avancent au quotidien sur le pilote automatique. Déjà, des répercussions se font sentir: elles sont fatiguées voire épuisées, éprouvent des problèmes de sommeil, se sentent irritables, nerveuses stressées et tristes, elles rapportent être dépassées, anxieuses et préoccupées. Elles ont des pertes de mémoire et des oublis. Elles ne se sentent pas valorisées malgré tout ce qu’elles entreprennent et réalisent.

Parfois elles ajoutent «je ne suis plus capable. Je ne peux plus en prendre!».  Je ne prends jamais une telle affirmation à la légère en tant qu’intervenante. Je vais donc établir un plan d’intervention à court terme, dans le ici et maintenant, pour faire face à la crise. Dans un premier temps, je recommande souvent une visite médicale afin que la patiente ait une évaluation juste de son état de santé psychologique et physique. Si un arrêt de travail est nécessaire, le médecin pourra le recommander.  Si d’autres enjeux au niveau de la santé mentale ou physique sont observés, le médecin pourra faire les références appropriées.

Par contre, les femmes que je rencontre vont souvent insister pour recevoir des conseils pour rester fonctionnelles, car elles ne veulent pas se retrouver en arrêt de travail. J’ai observé une certaine réticence face à l’arrêt de travail car cela évoque un sentiment d’échec. Certaines m’ont exprimé « je ne peux pas m’arrêter, qui va prendre soin des enfants? De la maison? Des dossiers urgents au travail?».

Souvent, j’utilise la métaphore de l’avion pour faire comprendre à mes clientes l’importance de prendre soin d’elles d’abord et avant tout. Avez-vous déjà pris l’avion?  Rappelez-vous la vidéo des mesures d’urgence présentée au début du vol. Il est mentionné que si le masque à oxygène tombe en cas de dépressurisation de la cabine, il est nécessaire de le mettre à vous-même avant de le mettre à vos enfants.  C’est ce principe qu’il faut appliquer dans sa propre vie. Comment pouvez-vous mettre votre masque à oxygène?

Respirez. Expirez. Recommencez. La plupart des personnes avec qui je pratique cet exercice vont me dire « Wow! Ça fait des années que je n’ai pas respiré! Ça fait du bien! ». Évidemment, dans notre vie de tous les jours, on ne respire pas profondément et on passe à côté de plusieurs bénéfices de la respiration, qui aident à réduire le stress et diminuer l’anxiété.

Accordez-vous une pause. Prenez une journée de congé du travail. Allez reconduire les enfants à l’école et à la garderie et revenez à la maison pour siroter votre café chaud et lire un livre. Faites une sieste. Allez prendre une longue marche pour faire aérer votre esprit. Allez prendre un café avec une amie.

Faites-vous plaisir. Un petit plaisir suffit parfois à redonner le sourire et à reconnecter avec un principe souvent oublié  lorsqu’on est maman: se gâter, prendre soin de soi.  Mettez votre chanson préférée dans la voiture, chantez à tue-tête, lisez un livre, regardez une vidéo de chat sur youtube, écoutez ce cd de François Pérusse qui vous fait tant rire, dansez, mangez une crème glacée, sentez une fleur.

Créez-vous une trousse de réconfort portative. Ayez dans votre sac à main ces bonbons que vous aimez tant, cette crème à mains dont le parfum vous fait voyager ou vous calme, cette photo de vos cocos qui vous fait sourire, cette carte postale qui vous fait rêver. Dans votre téléphone, créez une liste de lecture de musique happy et écoutez-la en boucle. Arrêtez-vous un instant et savourez ces odeurs, saveurs, images qui sollicitent vos sens et vous font du bien. À utiliser sans modération aussi souvent que vous en avez besoin.

Demandez de l’aide. Osez solliciter votre conjoint pour qu’il aille à l’épicerie ou afin qu’il fasse le chèque pour la garderie ou l’inscription aux cours de natation. Déléguez certaines responsabilités relatives à la vie ménagère. Demandez à vos parents de venir garder les enfants pendant une soirée afin de prendre du temps pour vous ou votre couple. Engagez une compagnie pour laver vos fenêtres. Utilisez les services d’un traiteur pour vous libérer d’un souper.

Entourez-vous de gens qui vous font du bien. Contactez votre meilleure amie pour un souper de filles. Allez jouer au parc avec vos enfants et laissez leurs rires vous bercer. La solitude n’aide en rien à alléger le cœur et l’esprit. Pourtant, dans un état de surcharge, certaines disent qu’elles n’ont plus envie de voir les gens, que c’est trop demandant. Je leur recommande alors de se forcer et de faire des activités plaisantes en bonne compagnie car l’effet positif sera instantané sur leur bien-être.

Ne négligez pas vos besoins de base! Un état de bonheur mental est difficilement atteignable si vos besoins de base ne sont pas comblés. Alors mangez, dormez, bougez! C’est comme la fondation d’une  maison, elle doit être solide si elle veut tout supporter. Prenez soin de votre corps d’abord et avant tout!

Priorisez! S’il vous est impossible de déléguer ou de laisser tomber certaines obligations, commencez par les plus urgentes et faites en premier celles qui demandent le plus d’énergie ou de concentration.

Une fois ces actions concrètes appliquées et un niveau de fonctionnement de base optimal rétabli, une démarche plus importante, notamment en psychologie, pourrait être initiée afin de cerner les raisons pour lesquelles une cliente s’est retrouvée dans cet état d’épuisement. Est-elle incapable de déléguer car elle besoin de tout contrôler? Est-elle trop perfectionniste? Trop exigeante envers elle-même?  A-t-elle peur de s’affirmer et de fixer ses limites? Cela demande une certaine introspection qui visera à prévenir de se retrouver dans ce même état une autre fois.

L’objectif visé en suggérant ces conseils concrets et pratiques est d’apaiser l’état d’épuisement afin de vous permettre de récupérer un peu votre souffle et de fonctionner suffisamment pour assumer vos responsabilités familiales et autres. Surtout n’oubliez pas: vous êtes formidables et vous en faites déjà bien assez!

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