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L’enfant-roi : comment éviter le piège?

De nos jours, les parents subissent une certaine pression pour être des parents parfaits. Ils ont accès à plus de ressources pour développer une parentalité positive et bienveillante. Comme ils travaillent, ils désirent vivre du temps de qualité avec leur enfant. Parfois, ils ont la garde partagée avec leur ex-conjoint : ce qui limite le temps passé avec l’enfant. On peut comprendre qu’ils souhaitent une relation sans heurt, sans contrainte et sans conflit. Ils désirent être « cool » avec leur enfant.  Ainsi se trouvent réunies des conditions pour que les limites communiquées à l’enfant soient plus élastiques pour éviter toute forme de contrariété, éviter les crises qu’apportent l’encadrement et les limites.

 

Le cœur du problème : les limites communiquées avec fermeté

Nous sommes là au cœur du problème posé par l’enfant-roi où le parent devient assujetti aux désirs de l’enfant : la question des limites et de l’encadrement. Quand les limites sont élastiques, l’enfant adopte des comportements et attitudes qui le distinguent :

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-Il démontre une intolérance à la frustration et à la contradiction.

-Il n’accepte pas qu’on lui dise « non ».

-Il n’accepte pas les limites et les règles qu’on lui impose.

-Il adopte régulièrement des comportements explosifs à la moindre contrariété. (La danse du bacon)

-Il n’accepte pas de négocier une entente.

-Il désire que son point de vue soit toujours retenu.

-Il impose ses volontés avec colère.

-Il prend une place importante dans plusieurs décisions qui impliquent la famille.

-Il fait des crises pour obtenir ce qu’il veut.

-Il manifeste de l’énervement en criant, pleurant et en exigeant.

-Il démontre peu d’empathie envers les besoins des autres.

 

Transformer peu à peu son approche

Si vous reconnaissez là des attitudes et comportements de votre enfant, il y a lieu de transformer votre approche. Comment? En y allant graduellement, une limite ou une règle à la fois (ex. : l’heure du coucher) que vous appliquez avec constance. Et cela, peu importe la réaction de votre enfant. En assumant davantage votre autorité parentale, l’enfant peut réagir devant ce changement.

« Je comprends que tu n’aimes pas ça mais je ne changerai pas d’idée! »

« Ce n’est pas possible en ce moment. Tu devras patienter! »

L’enfant comprendra qu’il ne peut obtenir tout ce qu’il veut tout de suite. Une demande peut être refusée. Le « non » devient possible. Bien sûr, le parent peut communiquer le pourquoi de certaines limites quand c’est pertinent de le faire.

La tendance à céder à tous les désirs de l’enfant pour acheter la paix se transforme peu à peu en une affirmation cohérente et constante de limites tenues fermement de la part du parent. Un cadre sécurisant est donné à l’enfant et maintenu en place. Les deux parents doivent être impliqués dans le changement de perspective. Ils doivent démontrer un consensus pour ne pas que l’enfant se tourne vers l’un quand l’autre manifeste un refus.

 

Conclusion

Comme parent, il s’agit de chercher à atteindre un « juste milieu » en évitant de tomber dans l’autoritarisme où les limites sont omniprésentes et le laxisme où les limites sont élastiques. Ni trop dur ni trop mou, dans « le juste milieu ». L’équilibre se trouve dans un encadrement constant, solide et sécurisant, la manifestation d’un amour inconditionnel ainsi qu’un soutien de la part du parent.

 

Par Jocelyne Petit, Docteure en Sciences de l’Éducation

 

Références

Vincent Joly, Passeport Santé, Enfant-roi : comment y faire face, mai 2021 (sur le Web)

Fannie Robert, Vie de Parents, L’enfant-roi, juin 2017 (sur le Web)

Jessica Rousseau, Maman éducatrucs, L’enfant-roi : comment corriger la situation? Juillet 2023 (sur le Web)

 

 

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