À partir du 1 er janvier 2026, les élèves devront faire preuve de civisme en vouvoyant leurs professeurs et en les appelant « Monsieur » ou « Madame ». C’est ce que prévoit un nouveau règlement gouvernemental qui entrera en vigueur en 2026. Or, certains professeurs non binaires ne se retrouvent pas dans ces appellations traditionnelles.
Un vocabulaire pour représenter les personnes non binaires
Les personnes non binaires ne s’identifient pas aux définitions usuelles du masculin et du féminin. Bien qu’elles représentent une minorité, elles désireraient se voir reconnaître dans leur différence. Elles remettent en question des références qui ont existé de tout temps sur ce que sont le masculin et le féminin. Elles demandent à la société de s’adapter et d’accepter leur différence affirmée en changeant les appellations « Monsieur » ou « Madame » par l’appellation « Mx » (prononcé mix) et en changeant les pronoms « il » et « elle » par « iel » pour les identifier.
Des expériences dans des milieux scolaires au Québec
Certains milieux scolaires ont consenti à faire certains changements et cela, avant le règlement du Ministère de l’Éducation. Ainsi, une enseignante du primaire se fait appeler « Mx » par ses élèves. Et dans un autre milieu secondaire, on a aménagé des toilettes mixtes avec des cabines fermées individuelles pour accommoder les jeunes qui vivent une identité de genre différente de leur sexe biologique à la naissance.
Des commentaires sur les réseaux sociaux
Quand certains parents ont pris connaissance de ces faits, il y a eu un déferlement de commentaires sur les réseaux sociaux. Ces commentaires avaient le plus souvent un caractère d’intolérance et de violence à tel point qu’une enquête policière a été menée en reconnaissant la nature criminelle, haineuse et menaçante de ceux-ci. On constate ici que l’acceptabilité sociale n’est pas acquise. On constate aussi que le débat a besoin d’être plus civilisé et rationnel en s’expliquant clairement nos différences de points de vue. Il y a là un conflit de valeurs. Pour les uns, la différence entre le féminin et le masculin ainsi que l’attrait de l’un envers l’autre fonde la vie même. Sans cette complémentarité et cette union, il n’y a pas de procréation possible. Donc, il n’y a pas de vie future. C’est fondamental! Pour les autres, l’acceptation et le respect des gens avec une identité de genre différente de leur sexe biologique sont cruciales. Il faut consentir à faire les ajustements nécessaires et les adaptations de notre environnement pour répondre à leurs besoins.
La position du gouvernement québécois face à certaines demandes
Le gouvernement a tranché : les jeunes devront s’en tenir à « Monsieur » ou « Madame » pour appeler leurs profs. Et le gouvernement provincial a récemment interdit l’utilisation de « Mx » et de « Iel » dans les communications entre fonctionnaires de l’État.
Que se passe-t-il?
Actuellement le phénomène que l’on nomme « la dysphorie de genre » ou encore « l’incongruence de genre » est en hausse, particulièrement chez les jeunes et plus particulièrement encore chez les adolescentes filles. On est en droit de se poser la question : que se passe-t-il?
Serions-nous dans une recherche identitaire qui implique une évolution humaine vers un autre stade développement qui serait androgyne? Depuis plusieurs années, on observe sur la scène culturelle cette tendance de plusieurs artistes à se présenter comme étant androgynes.
Bien que le phénomène peut faire craindre certaines personnes, il demeure que symboliquement, l’androgynie réfère à la plénitude de l’unité fondamentale où se confondent les opposés en réussissant leur conciliation et leur intégration finale (1). Le masculin se trouve réuni au féminin, comme le Yin et le Yang. L’androgynie est signe de totalité (1). L’être réintègre une plénitude où la séparation des deux sexes s’abroge (1). C’est une loi fondamentale de la création que chaque être humain soit à la fois mâle et femelle dans son corps (1). Réunir les deux polarités de l’être est le but de plusieurs disciplines spirituelles dont le Yoga. On parle alors de l’union et de la réconciliation des contraires pour devenir « Un ». C’est le but de la vie humaine (1). L’androgynie est le symbole de la réunion des contraires en une unité autonome et parfaite (2).
Conclusion
Les personnes trans et non binaires ne sont pas confortables avec le genre associé à leur sexe à la naissance. Ces personnes nous amènent à remettre en question les définitions traditionnelles du masculin et du féminin. Certaines personnes refusent catégoriquement cette remise en question. Elles se sentent menacées au point de s’en prendre à ceux qui cheminent pour accepter ces différences.
De tout temps, la réconciliation des contraires est perçue par plusieurs philosophes de l’Antiquité à nos jours comme favorisant la résolution de nos conflits dans l’unité et l’autonomie. Ainsi, au lieu de polariser le débat, nous avons intérêt à nous écouter mutuellement pour développer un mieux-vivre ensemble en agençant nos visions contraires, si cela est possible. On parle de civisme à l’école pour les élèves. Encore faudrait-il en donner l’exemple comme adultes!
Par Jocelyne Petit, Docteure en Sciences de l’Éducation
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