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Mangeur sélectif ou trouble de l’alimentation: comment faire la différence?

Manger en famille devrait être un moment de plaisir, de partage, social, où l’on profite de la présence des autres. Malheureusement, pour de nombreux parents, le mot «repas» est souvent synonyme de cauchemar. Quand on a un enfant qui refuse de manger, comment faire autrement que de s’inquiéter pour sa santé? Malheureusement, cette anxiété, quoique normale, peut souvent envenimer la situation. Elle crée une pression qui aboutira souvent en crise de larmes à la table. Le cercle vicieux s’installe et nous ne savons plus quelle stratégie choisir pour arriver à faire avaler une bouchée à notre trésor.

Avez-vous raison de vous inquiéter si vous avez un enfant difficile? Certainement, mais sachez que parfois, le problème est moins alarmant qu’il n’en a l’air. Il peut être intéressant de faire évaluer l’alimentation de votre enfant afin de déterminer s’il est à risque de carences ou non. Cela rassure les parents et permet de mettre en place des stratégies qui ne reposent pas sur la peur de voir la santé de l’enfant se détériorer. Le marchandage, le chantage ou les récompenses font parfois partie des stratégies utilisées pour inciter un enfant à manger. Elles permettent d’atteindre l’objectif à court terme (faire avaler des aliments immédiatement), mais nuisent souvent à l’acceptation à long terme des aliments. Un parent rassuré peut donc s’investir à aider son enfant à devenir un bon mangeur tout en diminuant les tensions aux repas. Le partage des responsabilités aux repas est un bon principe à suivre pour aider les enfants à devenir des mangeurs compétents, qui écoutent leurs signaux de faim et de satiété et qui développent leur capacité à accepter des nouveaux aliments.

Les comportements alimentaires sélectifs, quoique très frustrants, font souvent partie du développement normal de l’enfant. Malheureusement, il arrive parfois que le problème soit plus alarmant. En effet, il importe de distinguer les enfants «sélectifs» des enfants ayant un «trouble de l’alimentation». Quoiqu’un suivi avec une nutritionniste habituée à travailler avec des enfants difficiles puisse aider tous ces enfants à élargir leur répertoire alimentaire, pour certains, l’acceptation de nouveaux aliments prendra plus de temps. Le travail conjoint de plusieurs professionnels peut être requis pour les enfants ayant un trouble de l’alimentation puisque ces derniers ont parfois aussi des problèmes sensoriels, oraux-moteurs, etc.

J’ai dressé une liste pour vous aider à distinguer les deux types de mangeurs. Elle est inspirée d’un article écrit par Dr Toomey, psychologue américaine spécialiste en la matière.

Le mangeur sélectif:

  • A un répertoire alimentaire limité à 30 aliments ou plus;
  • S’il délaisse pendant un certain temps un aliment fétiche, il l’acceptera de nouveau après quelques semaines;
  • Peut tolérer un nouvel aliment dans son assiette, peut aussi le toucher ou même le goûter malgré une réticence évidente;
  • Mange au moins un aliment de chaque groupe alimentaire du Guide alimentaire canadien;
  • Participe aux repas familiaux même s’il ne mange pas les mêmes aliments que les autres membres de la famille;
  • Acceptera des nouveaux aliments après plusieurs expositions;
  • Est parfois qualifié de mangeur difficile ou de petit mangeur par ses parents lors des suivis médicaux.

L’enfant ayant un trouble de l’alimentation:

  • A un répertoire alimentaire limité à moins de 30 aliments;
  • S’il délaisse un aliment fétiche, il ne l’acceptera pas de nouveau, même après plusieurs semaines ;
  • Pleure et est en détresse lorsqu’on lui présente un nouvel aliment;
  • Refuse de manger des groupes entiers d’aliments ayant la même texture;
  • Ne mange presque jamais les mêmes aliments que le reste de la famille. Peut parfois refuser de manger à la table avec les autres;
  • N’acceptera des nouveaux aliments que très rarement, même après plusieurs expositions;
  • Est systématiquement qualifié de mangeur difficile ou de petit mangeur par ses parents lors des suivis médicaux.

Si vous reconnaissez partiellement ou complètement votre enfant dans l’une ou l’autre de ces catégories, n’hésitez pas à aller chercher de l’aide. Une nutritionniste pourra évaluer les risques de carences ainsi que les causes sous-jacentes du refus alimentaire. Elle vous conseillera sur les marches à suivre pour améliorer la situation.

Que votre enfant refuse un peu ou beaucoup d’aliments, si les repas sont sources de conflits, que vous êtes inquiets et découragés, sachez qu’un petit coup de pouce d’un spécialiste peut grandement améliorer la situation et redonner aux moments du repas un air de plaisir et de calme.

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