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Acheter local, je veux bien. Mais ça veut dire quoi au juste? 

 

L’achat local est sur toutes les lèvres par les temps qui courent, la COVID-19 ayant surligné d’un grand trait fluo l’importance de soutenir nos artisan·es et nos commerçant·es locaux. Selon un sondage réalisé à la mi-mai par l’Observatoire de la consommation responsable (OCR), l’achat de produits québécois a augmenté de 29 % en mai par rapport à l’avant COVID-19, et ce, après avoir bondi de 21 % en avril et de 14 % en mars.

 

Mais, en fait, peu importe ce qui vous pousse à vous y mettre, que ce soit pour des raisons environnementales, économiques, éthiques ou encore culturelles, il se peut que beaucoup de questions surgissent dans votre tête lorsque vous vous trouverez devant les étalages…

 

  • Est-ce que « local » signifie fait dans ma région? Au Québec? Au Canada?
  • Quelle est la différence entre « fait » et « produit » au Canada?
  • Est-ce que « local » fait plutôt référence aux kilomètres franchis entre le lieu de fabrication du produit et l’endroit où je me trouve?
  • Est-ce que le produit doit être fait par une entreprise canadienne?
  • Est-ce que « local » rime nécessairement avec plus dispendieux?

 

Vous avez le tournis? Prenez une grande inspiration et regardons tout cela de plus près.

 

Pourquoi acheter local? 

 

Commençons par le commencement et parlons un peu des avantages d’acheter local… parce qu’il y en a plusieurs.

 

Celui dont nous entendons beaucoup parler présentement est de nature économique. En achetant local, vous injectez de l’argent dans l’économie locale. Quand un produit est fait à l’étranger, une bonne fraction du prix que l’on paie pour en faire l’acquisition ne bénéficie pas à l’économie d’ici.

 

Ça semble bien évident dit comme cela, mais quand on y pense un peu plus, les impacts sociaux font surface. En effet, chaque étape de conception d’un bien produit au Canada est sujette à des prélèvements fiscaux. En termes plus digestes, en achetant un masque produit au Canada par exemple, non seulement vous aidez un·e artisan·e d’ici, mais ce circuit court de consommation procure en plus des revenus à l’État, de par les taxes et les impôts. Pas très excitant tout cela? Pensez-y! C’est à même ces revenus que nous payons collectivement pour la santé, l’éducation, la protection de l’environnement, les mesures de relance, et j’en passe.

 

Ensuite, par l’achat local, vous contribuez à préserver le savoir-faire d’ici et pouvez aussi faire rayonner la culture d’une communauté ou d’une région. Dans bien des cas, vous vous offrez aussi la possibilité d’échanger avec le ou la créateur·trice. Vous avez déjà essayé, vous, de jaser avec quelqu’un·e de la confection des petits habits de bébé que vous avez commandé sur Amazon et qui viennent de l’autre bout du monde? Pas trop facile, avouons-le!

 

Évidemment, vous me connaissez, je ne peux pas non plus passer sous silence les avantages environnementaux d’un circuit de consommation court… En achetant local, vous aidez également à diminuer la pollution liée au transport des marchandises (consommation d’essence, réfrigération, etc.) et à l’emballage excessif.

 

De plus, si vous achetez du « fait » ou « produit » au Québec, vous savez que l’énergie électrique utilisée provient de l’hydroélectricité, qui est moins dommageable que le charbon, notamment. Et vous savez également que certaines lois environnementales ont dû être respectées tout au long du processus… nous avons encore du chemin à faire, mais nous ne sommes pas derniers de classe non plus.

 

Comment déterminer ce qui est local?

 

Si la question semble bien anodine, la réponse l’est peut-être un peu moins. Il est assez évident que votre pomme Lobo achetée dans un petit kiosque en bois en face d’un verger familial à Rougemont est locale. Ce l’est peut-être moins quand on parle de vêtement « fait » au Québec, de lunettes « dessinées » à Montréal ou de chocolat « concocté » dans Saint-Henri.

 

Deux définitions intéressantes provenant du Bureau de la concurrence canadien peuvent toutefois éclairer nos lanternes :

 

  • Produit du Canada : 98 % des coûts directs de production ou de fabrication ont été engagés au Canada;
  • Fait au Canada : au moins 51 % des coûts directs de production ou de fabrication ont été engagés au Canada.

 

Dans les deux cas, la dernière transformation substantielle doit avoir eu lieu au Canada. Pourquoi est-ce important? Parce que selon l’économiste Joëlle Noreau, il s’agit souvent de la transformation la plus coûteuse et la plus créatrice d’emplois.

 

Là où les choses se compliquent…

 

Que faire si vous avez le choix entre un produit de Colombie-Britannique et son équivalent produit dans l’État de New York. L’un est Canadien, mais fabriqué à 5000 km du Québec, l’autre est Américain, mais conçu à 300 km… Lequel est plus local?

 

Il n’existe pas une BONNE réponse à ce genre de situation, elles dépendent en fait des préoccupations que vous souhaitez mettre de l’avant.

 

Il y a ceux pour qui l’achat local est associé à la distance franchie par un produit. Des mouvements comme locavore préconisent par exemple des aliments qui ont poussé à plus ou moins 160 km de l’endroit où vous vous trouvez. D’autres, comme l’Agence canadienne d’inspection des aliments, encouragent plutôt la consommation d’aliments produits dans votre province ou dans un rayon de 50 km à l’extérieur de celle-ci, ce qui est un peu plus permissif.

 

Pour d’autres encore, ce qui fera pencher la balance est plutôt les conditions de fabrication. Pesticide? Biologique? Conditions de travail et de vie des travailleuses et travailleurs?

 

Est-ce plus cher d’acheter local?

 

La question qui tue! Les gens pensent souvent que les produits locaux sont plus dispendieux pour le ou la consommateur·trice, mais qu’en est-il vraiment?

 

Dire que l’achat local est plus dispendieux n’est pas entièrement véridique.

 

D’entrée de jeu, quand nous parlons d’aliments, acheter les produits québécois de saison ne devrait pas vous coûter plus cher que ceux importés.

 

Ensuite, il faut réaliser que chaque prix affiché raconte une histoire : celle de la vie du produit que vous convoitez, de l’extraction de la matière pour le créer au transport, en passant par la transformation et l’emballage. Peu importe où ces étapes ont été faites dans le monde.

 

Toutes comparaisons devraient donc tenir compte de la qualité des produits, mais également du salaire et des conditions offertes aux des travailleuses et travailleurs.

 

Loin de moi l’idée de faire la morale à qui que ce soit ici. Moi aussi j’aime les aubaines. Mais souvent, pour offrir des produits à des coûts dérisoires, les entreprises exportent leur production dans des pays où les conditions de travail laissent à désirer, pour le dire poliment. Ce sont 152 millions d’enfants âgés entre 5 et 17 ans qui sont astreints au travail, dont 73 millions qui effectuent des travaux dangereux, selon les données de l’ONU. Vêtements, chaussures, fraises, tabac, coton… des enfants sont exploités pour produire des biens commercialisés « bon marché » vendus à travers le monde.

 

Donc le coût de certains produits n’est pas moindre, loin de là, mais il est différent. Il est humain.

 

Ressources pour vous aider à identifier les artisan·es, commerçant·es et producteurs·trices locaux : 

 

Québec : 

AchetonsQuébécois.com (alimentation, meubles, outils, pharmacie)

Fait chez nous (mode et arts)

Signé Local (alimentation, arts, beauté, maison)

Etsy fait au Québec (produits artisanaux)

Fraîcheur Québec (Fruits et légumes)

Le Panier Bleu permet de repérer les produits vendus par des commerçant·es locaux. *Par contre, les produits vendus par ceux-ci ne sont pas nécessairement fabriqués au Québec.

Ma Zone Québec réunit uniquement des produits conçus par de petites et moyennes entreprises québécoises. *Les produits accompagnés d’un cœur bleu foncé sont majoritairement assemblés et confectionnés au Québec (ou conçus à partir de matières provenant en grande partie du Québec). Si, au contraire, la proportion de contenu québécois est de moins de 50 %, les articles sont assortis d’un cœur bleu pâle.

Canada :

Buy Canadian First (enfants, santé, animaux)

Canada The Store (sports, arts, mode)

Ma vie made in Canada (alimentation, meubles, électroménagers)

Bien fait ici (produits de quincailleries)

Marie-Christine Fiset

Greenpeace

 

 

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