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L’obésité infantile

Des chiffres et des statistiques…

Vous vous êtes sans doute déjà questionnés sur votre poids à vous, mais qu’en est-il de celui de vos enfants? Si oui, vous n’êtes pas seuls : en 2016, on estimait que 9,92 % des jeunes filles et 14,73 % des garçons au Canada étaient obèses. Des chiffres préoccupants, surtout quand on sait qu’ils sont deux fois plus élevés que la moyenne nationale.

Mais être obèse, c’est quoi au juste? Les spécialistes se fient en général à l’indice de masse corporelle. Cet indice, calculé à partir de la taille et du poids, permet de déterminer si la personne a un poids insuffisant (IMC en bas de 18,5), un poids normal (IMC entre 18,6 et 24,9), un surpoids (IMC entre 25 et 29,9) ou de l’obésité (IMC de 30 et plus).

Malgré que cette mesure ne doive pas être le seul critère pour évaluer l’état de santé d’une personne, on commence à s’inquiéter quand une personne présente un surpoids. Au Québec, on estime qu’un enfant ou un adolescent sur trois est en surpoids. Il est donc très important de détecter les enfants à risque de surpoids ou d’obésité infantile.

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Qu’est-ce qui cause l’obésité?

Il est primordial de garder en tête que l’obésité est une problématique complexe et multifactorielle qu’on ne peut expliquer par une seule cause. Dans un premier temps, on sait que l’obésité relève d’une interaction entre les gènes et l’environnement : c’est donc dire que les enfants dont l’un des parents est obèse y sont prédisposés. Certaines maladies, comme une maladie endocrinienne ou trouble génétique, peuvent également être à l’origine du surpoids.

Par rapport à l’augmentation du taux d’obésité infantile au pays, on a du mal à statuer : est-ce la diminution de l’activité physique ou la mauvaise alimentation qui est responsable? Néanmoins, les données pointent les activités sédentaires du doigt (regarder la télévision, jouer à des jeux vidéo ou travailler à l’ordinateur) et la consommation d’éléments riches en énergie, de boissons sucrées ainsi que la grosseur excessive des portions. En plus, les études ont démontré que les jeunes canadiens de moins de 13 ans semblent être les plus vulnérables aux annonces et publicités de ces aliments.

Le sommeil joue aussi un rôle important dans la croissance des enfants, puisqu’il y a une corrélation entre le manque de sommeil et le surpoids.

Aussi, on estime que de 30 à 50 % des personnes obèses présentent tous les critères diagnostiques de l’hyperphagie boulimique. Ce trouble alimentaire, encore méconnu, consiste à manger excessivement lors d’épisodes de compulsions alimentaires. Toutefois, contrairement aux personnes boulimiques, aucune méthode « compensatoire » (vomissements, prise de laxatifs, etc.) n’est utilisée, ce qui explique le surpoids éventuel.

Quels sont les risques liés à l’obésité?

Sur le plan physique, les enfants en surpoids ont plus de chances, une fois adultes, de souffrir de maladies cardiovasculaires, de diabète, de troubles musculosquelettiques et de certains types de cancer (de l’endomètre, du sein et du colon). D’autant plus, si elle n’est pas prise en charge, il y a de fortes chances que l’obésité reste présente ou s’accentue à l’âge adulte.

Chez ces enfants, on peut également d’observer de l’essoufflement, une réduction de la mobilité et des troubles du sommeil. On relève aussi une influence importante sur les hormones, qui mène à une puberté précoce (avant 8 ans pour les filles et avant 9 ans pour les garçons).

Les jeunes qui souffrent d’obésité vivent également des répercussions psychologiques qui surgissent souvent plus rapidement que celles physiques. Victimes de stigmatisation et d’intimidation, leur santé mentale peut s’en voir fragilisée. On observe donc une perte de confiance en soi, une dégradation de l’image corporelle, l’apparition de troubles anxieux ou d’une dépression. L’isolement social est associé à l’obésité, et en est à la fois la cause ou la conséquence.

Mieux vaut prévenir que guérir

Notez bien : on ne recommande pas de mettre vos enfants au régime! Ils sont en pleine croissance, et une diète pourrait nuire à leur bon développement.

Visez plutôt les changements en famille :

— Mangez à table, tous ensemble et ayez certaines règles : pas de cellulaire ou de tablette en mangeant. On se concentre sur notre sensation, nos goûts et le plaisir de découvrir des nouveaux aliments.

— Consommez beaucoup de fruits et de légumes

— Encouragez la consommation d’eau, de lait au lieu des boissons sucrées

— Instaurez dès le plus jeune âge trois repas par jour et des collations

— Maintenez vos bonnes habitudes, même si vos ados commencent à avoir envie de sauter le déjeuner

— Impliquez vos enfants dans la préparation du repas, pour stimuler sa créativité face à l’alimentation

— Planifiez vos menus ensemble, en tenant compte des goûts de chacun et des groupes alimentaires

Sachant que 4 Québécois sur 10 ont recours à des méthodes potentiellement dangereuses, quand il est question de surpoids on consulte un spécialiste. Ils sont les mieux placés pour gérer les enjeux délicats liés à la nourriture, qu’ils soient de nature émotive ou physique!

Maud Pellerin, ps.éd.

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