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À l’autre femme, celle qui a volé mes rêves

 

J’en veux à mon mari, évidemment, celui qui a été mon meilleur ami, mon confident pendant 10 ans. Celui qui a su me trahir si facilement, en me regardant droit dans les yeux. Mais je t’en veux encore plus à toi, sa maîtresse.

 

Avant d’être mon mari, il a été mon chum, pis avant d’être mon chum, une fréquentation. Il n’a jamais été un coup de foudre, ce n’était pas un amour-passion non plus. Mais on était bien. On s’aimait, c’était simple. Ce n’est donc pas sur un amour fou que notre relation s’est développée, mais bien sur un sentiment de confiance, de sécurité, sur le partage d’une multitude de points communs et de projets qu’on voulait vivre ensemble. Je savais donc, le jour de notre mariage, qu’on était solides, que la fin d’une passion ne nous exploserait pas en pleine figure. Je savais qu’il m’aimerait toujours et que je l’aimerais aussi, peu importe ce que la vie nous mettrait sur notre chemin.

Alors, à toi qui as été sa maîtresse, toi qui t’es permis de voler mes rêves, je ne te comprends pas. Je ne comprends pas qu’une femme avec ton vécu, dans la trentaine, n’ait pas assez d’amour-propre pour vouloir être plus que « l’autre femme ». Je ne comprends pas comment tu as pu t’immiscer dans ma vie aussi facilement, sans remords. Je ne comprends pas comment tu as pu faire confiance à un homme marié, prêt à mentir à sa femme. Je ne comprends pas comment tu as pu impliquer tes jeunes enfants dans une relation incertaine et secrète, au point qu’ils s’attachent à lui. Je ne comprends pas comment tu as pu être dans ma maison, dans mon lit. Comment as-tu pu être heureuse dans une vie qui ne t’appartient pas, sans même penser au mal que ça causerait? Je ne comprends pas qu’en étant toi-même une maman, tu n’as pas cessé de voir mon mari lorsqu’il t’a annoncé ma grossesse.

 

Pis ce qu’il m’a fait le plus mal dans cette histoire, ce n’est pas que tu me « voles » mon mari, non, c’est que vous vous imaginiez une vie tous ensemble : lui, toi, tes enfants et mon bébé… comme si je n’existais pas, comme si j’avais été votre mère porteuse… Non, les mères porteuses ont plus de respect que j’en ai eu. Vous aviez hâte de vivre tous ensemble, comme si j’étais un déchet, voilà. En voyant une photo de moi et de mon bébé, sur laquelle nous étions beaux et heureux, tu as écrit à mon mari que tu n’avais pas besoin de voir ça. Pourquoi? Ce n’était même pas une photo de famille, je n’ai pas eu la chance de vivre en étant une famille, alors encore moins d’avoir une photo de nous trois. C’était une photo d’une mère qui aime son bébé par-dessus tout, parce qu’elle avait si peur de ne jamais pouvoir vivre ce bonheur. Alors pourquoi tu n’avais pas besoin de voir ça? Je ne comprends pas… Pourtant, tu es une mère aussi, tu devrais savoir que notre bébé devient l’être le plus important pour nous, qu’on est prêt à tout pour lui, telle une lionne qui protège son lionceau. C’est peut-être ce que tu as fait aussi, tu étais prête à tout pour offrir un beau-père à tes enfants, j’sais pas.

 

J’crois que je ne comprendrai jamais. Et vivre avec cette incompréhension va me gruger toute ma vie

 

De nos jours, on prône de se choisir. De faire des choix pour notre bien-être. C’est sûrement ce que tu as fait, puisque tu m’as clairement dit que tu ne me devais rien, et que mon mari et moi étions les seuls coupables. Tu as choisi de vivre ton propre bonheur, aux dépens du mien, assumes au moins ta part de responsabilité dans cette histoire. Si tu n’avais pas accepté de le voir, si tu ne lui avais pas dit que tu l’aimais, si tu ne lui avais pas fait miroiter une vie de rêve, si tu l’avais repoussé après quelques semaines… ça nous aurait peut-être permis de nous parler, de consulter un professionnel, de mettre plus d’énergie afin de raviver la flamme… j’aurais peut-être, aujourd’hui, ma vie de famille, telle que je l’avais rêvée, peut-être. Alors, oui, tu as une grande part de responsabilité dans cette triste histoire.

 

Vous, mon mari et toi, avez vécu un amour-passion. C’est normal, vous étiez toujours à votre meilleur, vous ne connaissez que le beau de chacun de vous. Le sexe était bon et fréquent, tu te donnais à fond, comme tout le monde qui veut prouver sa valeur dans une nouvelle relation. C’était un combat déloyal, perdu d’avance pour moi. Tu n’as aucun mérite, il ne t’aimait pas pour tes qualités personnelles, mais bien pour ce que tu lui faisais ressentir. Je ne dis pas ça par vengeance, mais seulement parce que je le crois sincèrement. Il aurait ressenti la même chose avec une autre, sauf que les autres, la plupart des autres du moins, ne touchent pas aux hommes mariés. Par solidarité ou, tout simplement, par respect.

 

Maintenant, il se rend compte qu’il ne t’aimait pas vraiment. Tu lui permettais seulement de se valoriser, de se sentir beau et fort. De vivre une vie excitante avec des émotions fortes. Un état d’âme qui diminue après 10 ans de couple, mais qui n’est pas nécessairement mort pour autant. Tu m’as dit que j’étais pathétique de vouloir sauver mon couple, sauver ma famille. Est-ce que c’est pathétique de vouloir sauver ses rêves? D’être prête à tout pour vivre la vie de famille que j’voulais? Est-ce que c’est pathétique de vouloir offrir à son fils des parents unis? De vouloir se battre, pour reconstruire une relation qu’on a bâtie pendant 10 ans? Est-ce que c’est pathétique de vouloir partager les beaux et les moins beaux moments du développement de mon bébé avec son père? Je ne crois pas que je sois pathétique, parce que non, nous n’étions pas malheureux et notre relation était loin d’être toxique. Oui, nous nous étions un peu éloignés, je suis capable de l’admettre, mais il y avait encore de l’amour entre nous. Mais je ne suis pas naïve non plus. Rien ne sera jamais comme avant.

 

Ça, il l’a compris trop tard. Il a aussi compris qu’un amour passionnel ne pouvait pas durer une éternité (d’ailleurs, j’ai vérifié, l’amour-passion dure en moyenne entre un et trois ans seulement). Après quelque temps, l’excitation retombe, les responsabilités s’accentuent pis la routine commence. Je ne dis pas que vos sentiments n’étaient pas réels. Peut-être aurait-il été plus heureux de vivre cette routine avec toi, mais n’est-ce pas quelque chose qui nous traverse tous l’esprit à un moment donné? Serions-nous plus heureux ailleurs? À quoi ressemblerait ma vie si j’avais fait des choix différents? Ne plus aimer une personne et être amoureux d’une autre, ça arrive. Le problème n’est pas là. Le problème est que cette trahison a duré trop longtemps. Quand on n’aime plus et qu’on a un nouvel amour, on se doit d’avoir le courage de l’assumer. Il aurait dû partir pour vivre avec toi, mais son ambivalence entre toi et moi en disait long. Peu importe les raisons que tu imagines pour expliquer qu’il ne mettait pas fin à cette double vie… tu aurais dû être assez forte pour comprendre qu’il ne t’aimait pas assez pour sacrifier son mariage, sa famille.

 

J’ai donc vécu ma grossesse sans amour ni affection, parce qu’il était trop absorbé par l’excitation que votre relation impossible lui procurait. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, enceinte jusqu’aux oreilles, parce que je ne comprenais pas pourquoi il préférait aller à ses soirées sans moi. J’ai accouché aux côtés d’un homme qui ne m’a pas dit « Je t’aime », ni « bravo mon amour » après avoir mis son fils au monde. J’ai affronté le quatrième trimestre pratiquement seule, parce qu’il préférait m’inventer toutes sortes de raisons pour aller te rejoindre en cachette, plutôt que de passer du temps avec moi et son magnifique bébé.

 

Et tout ça, je ne l’ai découvert que 10 mois après votre premier rendez-vous. Parce qu’aucun de vous deux n’a eu assez de respect, de considération et de courage pour m’avouer votre relation. Aucune raison n’est valable pour justifier de tels gestes. Tu as volé mes rêves de vivre ma vie en famille, mais j’ose croire que je suis assez forte et qu’avec un peu de temps j’aurai de nouveaux rêves, mais cette fois, à deux avec mon fils.

 

Alors oui, c’est sûr que je vais lui en vouloir toute ma vie. Mais je t’en veux encore plus, parce que toi, je ne t’ai jamais aimée.

 

Anonyme

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